Reportage : Cyclone Fani

LE CYCLONE FANI

ODISHA, INDE

Le 26 avril 2019 dernier, une dépression à l’Ouest de Sumatra provoque le cyclone Fani. Aussitôt 2,6 millions de messages ont été envoyés, 1000 secouristes et 43 000 volontaires ont été déployés et 1,55 millions de personnes ont été évacuées en moins de 24h dans des abris para-cycloniques.

Au vu de l’intensité du cyclone, le protocole de secours a permis d’éviter le désastre humain des précédents cyclones. L’OSDMA comptabilise 64 personnes décédées contre la dizaine de millier de morts lors du cyclone de 1999. Pour autant, de nombreux défis restent à relever. Bien que les efforts du gouvernement aient drastiquement réduit les pertes humaines, les dégâts matériels ont malheureusement augmenté.

LES HABITATIONS LOCALES

La majorité des habitants d’Odisha vivent dans des bidonvilles. Ils construisent eux-même leur habitations avec des matériaux de récupération. La structure est composée d’agrégats de pierres, de briques ou de branches de bois ce qui affaiblit la solidité de l’ouvrage. Le tout est surplombé de feuilles de palmier, sachets de riz, tissu, filets de pêche utilisés en guise de toiture.

Suite au passage du cylone Fani, plus de 80% des toitures ont été détruites. Ce chiffre impressionnant est dû à l’utilisation massive de la tôle ondulée, matériau peu onéreux et facile à installer mais qui ne résiste pas aux vents cycloniques. Face à l’arrivée des moussons qui fait suite rapidement après le cyclone, l’urgence est de pouvoir s’abriter et protéger les effets personnels que les familles ont pu conserver.

LES VILLAGES RÉSILIENTS

Doter la région d’habitations résilientes est devenue le cheval de bataille d’Odisha. Les architectes d’ODRP (Odisha Disaster Recovery Project) travaillent sur une série de villages résilients à travers Odisha dans le but de rendre les populations moins vulnérables, et ainsi contribuer à les sortir de la pauvreté structurelle dans laquelle elles se trouvent. Le coût de construction d’une habitation s’élève à 3 lakhs (4000€) et est entièrement financé par l’État. Les villageois qui en bénéficient n’ont rien à débourser et la maison leur appartient légalement dès qu’ils viennent s’y installer. Ces villages, dont on en voit certains dans le district de Ganjam à proximité de Chatrapur, logent désormais des pêcheurs qui avaient été touchés par le dernier cyclone. Attachés à leur terre, les nouveaux résidents ont eu du mal à se décider de déménager. Jenti Behera, 35 ans, était la première à venir s’installer. “Nous avons beaucoup d’espace ici, on se sent en sécurité. C’est une maison solide”, nous raconte-t-elle. Pourtant, tout n’est pas rose. L’émergence de ces villages se fait loin de la ville et de toutes ses activités, à l’exception d’une usine de métaux lourds qui utilise des substances radioactives. Bidyadhar Behera, 37 ans souligne : “Nous sommes des fermiers et des pêcheurs. Ici, on est trop loin de notre ancien travail, on a du s’arrêter. Avant, je travaillais dans les champs de riz, mais je ne peux plus maintenant. Il n’y a quasiment pas de transports publics”.

LES ABRIS PARACYCLONIQUES

Peu après le cyclone 05B d’octobre 1999, 900 abris para-cycloniques ont été construits dans la région d’Odisha. Ces abris, construits par OSDMA*, abritent les populations les plus vulnérables en situation de cyclone. En cas d’alerte d’une catastrophe naturelle, des navettes gratuites rapatrient des centaines de personnes dans ces constructions. L’étage est divisé en plusieurs salles afin de conserver une certaine intimité. Bien que les habitants ne peuvent y séjourner de manière durable, ils peuvent être amenés à y rester une quizaine de jours. Au rez-de-chaussée, le plan libre permet d’abriter d’autres personnes ainsi que des vaches, animal sacré très protégé en Inde. En dehors de ces périodes de crises, les abris sont normalement inoccupés. Certains espaces sont pour autant utilisés par l’UNICEF dans un cadre éducatif ou de suivi médical des enfants.

*Odisha State Disaster Management Authority